« Est-ce que je peux avoir le dernier mot, comme ça je saurai quand il va tomber »
Un matin d’automne, l’odeur fraîche de la mousse du sous-bois se mêle à la fumée froide qui imprègne les vêtements humides des habitantes du terrain. La mousse s’est installée partout, même sur le sucre. Dom, devant la caravane au plastique jauni, sur sa chaise en plastique jauni, boit son café jauni en attendant que Gaby émerge. Presque silence. Gaby n’est pas bavarde, mais Dom lui parle quand même. Elles attendent de la visite. Elles se changent et se rechangent, hésitent entre jupe et pantalon, débattent entre pantalon et jupe. Une coquetterie dissonante au regard de l’état des lainages tâchés, des feutres déchirés et mal assortis qu’elles possèdent dans leur petite garde-robe. Elles attendent: elles ont le temps de douter et de négocier. Au hasard des essayages, Dom met la main sur le vieux manteau. Elle veut que Gaby l’enfile à nouveau. Une dernière fois. Pour chasser le souvenir. Gaby n’en a pas très envie, Dom insiste. Dom bouscule, veille, évite que, discrètement, en silence, la mousse n’envahisse Gaby à son tour.
Version en salle
Le Poche Genève du 14 février au 22 mai 2022





Version extérieure
La Bâtie – festival de Genève du 1er au 16 septembre 2023





Texte Magne van den Berg
Traduction Esther Gouarné
Mise en scène Sarah Calcine
Jeu Barbara Baker, Jeanne De Mont
Assistanat mise en scène Chloë Lombard
Scénographie & lumière Victor Roy
Son Fernando De Miguel
Costumes Augustin Rolland
Maquillage & coiffure Katrine Zingg
Production POCHE /GVE
La pièce a été traduite avec le soutien de la Maison Antoine Vitez, Centre international de la traduction théâtrale